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antioxydant

Épigallocatéchine gallate (EGCG)

INCI : EPIGALLOCATECHIN GALLATE

L'épigallocatéchine gallate, ou EGCG, est le polyphénol star du thé vert — celui à qui cette plante doit l'essentiel de ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et photoprotectrices. Derrière ce nom de molécule complexe se cache un actif aux mécanismes d'action documentés par une littérature scientifique en pleine expansion. Si vous le croisez dans un INCI, c'est une raison de sourire.

Ce que la science retient

    Antioxydant puissant

  • L'EGCG neutralise les radicaux libres générés par les UV, la pollution et le stress oxydatif cellulaire, avec une efficacité supérieure à celle de nombreux polyphénols végétaux classiques.
  • Anti-âge photoinduit

  • Il inhibe la dégradation du collagène en bloquant les métalloprotéinases matricielles (MMP) activées par les UV, réduisant ainsi la formation des ridules liées au soleil.
  • Anti-inflammatoire

  • L'EGCG module des voies inflammatoires clés (NF-κB, MAPK) et réduit la production de cytokines pro-inflammatoires, ce qui en fait un allié des peaux réactives ou rougissantes.
  • Protection mitochondriale

  • Des travaux récents (2025) montrent qu'il limite la production de radicaux libres au sein des mitochondries, protégeant ainsi les cellules cutanées d'un vieillissement accéléré à la source.
  • Éclaircissant

  • L'EGCG inhibe la tyrosinase, enzyme clé de la mélanogenèse ; sous forme glucosylée, son activité dépigmentante est significativement potentialisée.
  • Anticarcinogène cutané

  • Des études in vitro et animales suggèrent un potentiel dans la prévention des dommages UV-induits pouvant conduire à des mutations cellulaires, bien que les données cliniques humaines restent à approfondir.

Comment ça marche ?

L'EGCG est un flavonoïde de la famille des catéchines. Sa structure chimique — un noyau benzopyrane portant plusieurs groupements hydroxyle — lui confère une capacité exceptionnelle à donner des électrons aux radicaux libres et à les neutraliser avant qu'ils n'endommagent l'ADN, les lipides membranaires ou les protéines structurales.

Au niveau cellulaire, il agit aussi en amont : il régule à la baisse des facteurs de transcription pro-inflammatoires et stimule les défenses antioxydantes endogènes de la peau. L'étude de Park et al. (2025) met en évidence sa capacité à réduire le stress oxydatif mitochondrial, un mécanisme encore peu exploré pour les actifs topiques.

Enfin, son action sur les MMP — enzymes qui dégradent le collagène sous l'effet des UV — explique son profil anti-photoâge documenté dans la revue de Sun et al. (2024), qui synthétise plus d'une décennie de recherches sur ce sujet.

Les bénéfices prouvés

Protection contre le photoâge

L'exposition répétée aux UVA et UVB déclenche une cascade oxydative qui dégrade le collagène et l'élastine. L'EGCG intervient à plusieurs niveaux de cette cascade : neutralisation des radicaux libres, inhibition des MMP et modulation de la réponse inflammatoire post-UV.

La revue de Sun et al. (2024) dans Molecules confirme que l'application topique d'EGCG réduit significativement les marqueurs du vieillissement photoinduit. Les concentrations efficaces rapportées dans les modèles expérimentaux varient généralement entre 0,1 % et 1 %.

Réduction du stress oxydatif mitochondrial

Park et al. (2025) ont montré sur des fibroblastes cutanés humains que l'EGCG extrait de Camellia sinensis diminue la production de ROS (espèces réactives de l'oxygène) au sein des mitochondries, protégeant ainsi l'intégrité cellulaire et la synthèse de collagène.

Ce mécanisme est particulièrement pertinent pour les peaux matures ou exposées à un stress environnemental chronique, pour lesquelles la dysfonction mitochondriale joue un rôle croissant dans le vieillissement cutané.

Action apaisante et anti-inflammatoire

En modulant NF-κB et en réduisant la libération d'interleukines pro-inflammatoires, l'EGCG calme les réactions cutanées induites par les UV, la pollution ou les irritants. Kim et al. (2018) recensent cet effet protecteur comme l'un des plus robustement documentés de la molécule.

Les peaux à tendance rosacée, sensibles ou post-traitement peuvent bénéficier de cet effet, à condition que la formulation soit elle-même douce.

Éclaircissement des taches pigmentaires

L'EGCG inhibe la tyrosinase et réduit la mélanogenèse. Boira et al. (2024) montrent que sa forme glucosylée (alpha-glucosylation enzymatique) présente une activité dépigmentante nettement supérieure à la molécule native, notamment grâce à une meilleure biodisponibilité cutanée et à une interaction favorable avec le microbiote.

Cet angle éclaircissant reste encore moins exploité en cosmétique que son profil antioxydant, mais il constitue une piste sérieuse pour les formulations anti-taches.

Comment l'utiliser ?

L'EGCG se retrouve principalement dans les sérums, crèmes et essences formulés à partir d'extraits de thé vert (INCI : Camellia sinensis leaf extract) ou sous sa forme pure (INCI : Epigallocatechin gallate). Les concentrations efficaces documentées en topique se situent autour de 0,1 % à 1 %, mais varient selon la formulation et la biodisponibilité.

Il s'intègre idéalement en étape sérum, après le nettoyage et la lotion, avant la crème hydratante. Il peut être utilisé matin et soir. Le matin, son potentiel antioxydant est particulièrement précieux avant l'exposition aux UV et à la pollution.

L'EGCG est sensible à l'oxydation : il peut s'altérer au contact de l'air et de la lumière. Préférez des formulations en flacon pompe opaque ou hermétique pour garantir sa stabilité.

Associations et incompatibilités

L'EGCG se marie très bien avec la vitamine C (acide ascorbique) : les deux antioxydants agissent en synergie, se régénèrent mutuellement et couvrent un spectre de protection plus large. Cette association est particulièrement pertinente dans un sérum de protection matinale.

La niacinamide est une autre association logique : elle complète l'action anti-pigmentaire de l'EGCG via un mécanisme différent (inhibition du transfert des mélanosomes) sans interférence connue.

En revanche, l'association avec des formules très acides (pH inférieur à 4, comme certains acides de fruit concentrés) peut accélérer la dégradation de l'EGCG et réduire son efficacité. Il vaut mieux espacer leur application dans la routine.

Évitez également les produits à base de fer (certains pigments minéraux, eaux riches en fer) dans la même formulation : les ions métalliques peuvent catalyser l'oxydation de la molécule et en diminuer la teneur active.

Ce que dit la science

  • Sun et al., Molecules (2024) : cette revue complète confirme que l'EGCG appliqué par voie topique réduit les principaux marqueurs du vieillissement cutané photoinduit, notamment en inhibant les métalloprotéinases et en neutralisant les radicaux libres générés par les UV.
  • Park et al., Pharmaceuticals (Basel) (2025) : sur des fibroblastes humains, l'EGCG issu de Camellia sinensis réduit la production mitochondriale de ROS et atténue les signes du vieillissement cutané en protégeant l'intégrité cellulaire à la source.
  • Rovaldi et al., Int J Mol Sci (2025) : cette revue multidisciplinaire positionne l'EGCG comme une molécule à fort potentiel thérapeutique et cosmétique, avec des actions documentées sur l'inflammation, l'oxydation et la protection cellulaire.
  • Boira et al., Molecules (2024) : la forme glucosylée de l'EGCG montre une activité dépigmentante supérieure à la molécule native, avec une implication du microbiote cutané dans l'amélioration de sa biodisponibilité et de son efficacité.
  • Kim et al., Int J Mol Sci (2018) : cette revue recense les effets protecteurs de l'EGCG sur la peau, soulignant ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et anticarcinogènes comme les plus solides sur le plan expérimental.

Questions fréquentes

À quoi sert l'EGCG dans les soins de la peau ?

L'EGCG est le principal polyphénol du thé vert, reconnu pour ses propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et photoprotectrices. Il neutralise les radicaux libres responsables du vieillissement cutané et aide à calmer les peaux sensibles ou réactives.

L'EGCG protège-t-il vraiment contre le soleil ?

L'EGCG ne remplace pas un filtre solaire, mais il renforce la défense de la peau contre les dommages causés par les UV en neutralisant le stress oxydatif qu'ils génèrent. Des études montrent qu'il peut réduire les effets néfastes des rayonnements UVB sur les cellules cutanées.

L'EGCG est-il efficace contre l'acné ?

Oui, des études cliniques suggèrent que l'EGCG possède une activité anti-bactérienne contre Cutibacterium acnes et réduit l'inflammation associée aux boutons. Il est donc particulièrement intéressant dans les formules dédiées aux peaux à tendance acnéique.

Comment savoir si un produit contient vraiment de l'EGCG ?

Sur la liste INCI, recherchez la mention EPIGALLOCATECHIN GALLATE : c'est le nom normalisé de l'EGCG. La simple mention 'extrait de thé vert' (Camellia sinensis leaf extract) indique la présence d'EGCG, mais en quantité variable et moins contrôlée.

L'essentiel

L'épigallocatéchine gallate (EGCG), référencée en INCI sous EPIGALLOCATECHIN GALLATE, est un polyphénol de la famille des catéchines, extrait principalement des feuilles de thé vert (Camellia sinensis). Il constitue le composé actif majoritaire de cette plante, à qui il confère l'essentiel de ses propriétés biologiques. En cosmétique, l'EGCG agit comme antioxydant puissant en neutralisant les radicaux libres et en inhibant les enzymes pro-oxydantes. Des études in vitro et cliniques documentent également ses effets anti-inflammatoires, via la modulation de voies comme NF-κB, ainsi qu'une activité photoprotectrice complémentaire aux filtres solaires. Il est recommandé dans les soins anti-âge, les formules apaisantes et les produits ciblant les dommages induits par les UV, généralement à des concentrations comprises entre 0,1 % et 1 %.

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